LA LETTRE D'A.I.
Bulletin d'information du groupe 248

N° 167 - Septembre 2002

        SOMMAIRE  


I - Groupe 248
II - Les actions en cours
III - Droits économiques, sociaux et culturels
IV - Nouvelle de la Section française


GROUPE 248


Voyages et Culture de la paix

Le samedi 5 octobre, à la Ferme Heurard (Centre socio-culturel) à Seyssins, 8 rue Joseph Moutin, de 9h30 à 20h, journée d'information sur " Voyages et Culture de la paix, comment agir ensemble ". Voir page calendrier.
Elle comprendra : 
- une exposition photos sur les trois pays du réseau : Colombie, République démocratique du Congo et Tibet, 
- en matinée, une conférence : "Pour un tourisme respectueux des populations locales et de leur environnement " avec les agences de voyage Allibert et Arvel, Olivier Paulin, membre de Mountain Wilderness.
- L'après-midi, une deuxième conférence sur : " Se déplacer dans le monde pour témoigner, échanger et exister ", avec Mathieu Vernerey, organisateur de la Transalpine-marche pour le Tibet été 2000  et Mauricio Katz (directeur  adjoint du programme Développement et paix du Magdalena Medio en Colombie).
- Une conférence-débat : " voyager en pays de dictature ou en conflit " avec Charles 
Kabeya, Président du COSI, qui conclura cette journée organisée par le Réseau International de la Solidarité.
- Il y aura des stands de voyagistes, et une restauration légère est prévue.


Comité Bandajevsky
La participation des groupes d'AI au Comité Bandajevsky a été acceptée par le BE. C'est donc officiellement qu'ils participeront à la " Semaine pour Bandajevsky " qui sera marquée par :
-la projection du film de Tchertkoff " Mensonges nucléaires " aux Archives départementales de Grenoble le mercredi 2 octobre à 20h.
-une autre séance, non encore précisée, est prévue à la Bibliothèque du centre-ville, sans doute sur la Biélorussie.

L'Association pour les demandeurs d'asile (ADA) ont trouvé de nouveaux locaux. 


Les 12 et 13 octobre aura lieu au château de Revel, dans le massif de Belledonne, la prochaine rencontre de Secteur. Animée par Catherine Murcier, elle sera consacrée à l'éducation aux Droits Humains, thème mis en évidence au Congrès de Besançon. 

La conférence prévue en octobre de Francis Perrin sur " la mondialisation " est reportée au lundi 18 novembre, au Tonneau de Diogène, à 20h. On espère qu'une autre conférence sur le même thème pourra avoir lieu le lendemain au Campus, ce qui pourrait fournir l'occasion de faire redémarrer l'antenne Campus.

Une exposition sur les droits des Femmes se tiendra à partir du 10 septembre à la Bibliothèque de Crolles. Ce jour-là, la projection d'un film sur les droits des femmes aura lieu à 20h30 et sera suivie d'un débat.

Le groupe 248 sera présent aux Forums des Associations de 
Crolles et Montbonnot le 7 septembre
Saint Ismier et Pontcharra, le 14 septembre.


La préparation du repas du groupe du 19 octobre est en cours. Il paraît qu'il y aura une surprise !


LES ACTIONS EN COURS


Torture. La campagne est devenue permanente. Pour connaître les actions qui sont menées dans son cadre, consulter le site http//www.stoptorture.org

RAN Amérique centrale. De nombreuses actions ont été menées sur le Mexique pendant l'été en faveur des défenseurs des droits humains. Une réunion intergroupes aura lieu le 12 octobre chez Marie.

L'action Haïti est terminée. Il reste à en faire le bilan. Une réunion aura lieu à Paris le 12 octobre ; Marie nous représentera.

Enfants . -Une action concernant les USA pour un mineur condamné à mort
-Le relais Enfants organise une réunion sur les mutilations génitales féminines les 16 et 17 novembre à Paris.


Colombie . Des lettre envoyées au nouveau président Alvaro Uribe Velez font état de la préoccupation d'Amnesty devant les mesures qu'il propose pour lutter contre la guérilla, qui présentent de graves menaces contre les droits humains .


Femmes . Des interventions au Guatémala, pour une femme employée par une association des droits humains, détenue sur des accusations non fondées quoiqu'elle soit la mère de trois enfants en bas âge, et au Pakistan pour une femme violée en représailles d'une liaison d'un membre de sa famille avec une fille d'un autre clan.

Arabie Saoudite . Des lettres ont été envoyées aux autorités saoudiennes sur le problème de la peine de mort dans ce pays. 




DROITS ECONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS.

Un an après la décision du Conseil International de Dakar d'intégrer l'opposition à certaines violations des DESC à notre mission, le comité exécutif international a mis en place un groupe de travail chargé de conseiller le CEI et de réfléchir sur la stratégie que pourrait adopter notre mouvement dans ce domaine. Ce groupe de travail prépare actuellement un document de stratégie qui sera soumis au CEI et présenté au prochain Conseil International, en août 2003. 
Par ailleurs, six projets pilotes sont en préparation. Ils portent sur les mutilations génitales féminines dans certains pays africains, le SIDA en Afrique du Sud, les personnes handicapées en Bulgarie (droit à la santé), le droit au travail des Palestiniens dans les Territoires occupés et les obstacles mis à l'accès à un travail dans certaines régions de la Bosnie (droits au travail). 

La Commission International de la Section française a également mis en place un groupe de travail qui s'est donné des objectifs assez semblables à ceux du CEI. Le groupe de travail international du Conseil national a, lui aussi, créé un atelier DESC ; d'autres commissions, à la Section, réfléchissent également à ce problème : IFI, entreprises, médicale, femmes, enfants. La SF a par ailleurs répondu à diverses sollicitations d'associations, d'ONG et autres structures travaillant sur les DESC. Ces rencontres ont montré l'attente très forte des ONG par rapport à AI, bien qu'elles soient conscientes des limites de son engagement dans ce domaine. Le travail à mener ne sera pas facile ; il nécessitera beaucoup de réflexion et d'efforts.
Pourtant, si besoin était de comprendre à quel point les données économiques jouent un rôle déterminant dans le respect des droits humains à l'échelle planétaire, le livre de Joseph E. Stiglitz paru récemment, " La grande désillusion " , vient à point nommé apporter le jugement d'un expert en la matière sur les énormes dégâts provoqués par la façon dont fonctionnent les organisations internationales pourtant chargées d'assurer la prospérité, le développement et l'accès des plus démunis à de meilleures conditions de vie.
Stiglitz, prix Nobel d'économie, a été président du Council of Economic Advisers sous Clinton, et économiste en chef et vice-président de la Banque Mondiale jusqu'en 1999, date à laquelle il en a démissionné. " Plutôt que d'être muselé, j'ai préféré partir ", dit-il. C'est en effet un véritable réquisitoire qu'il dresse contre les institutions financières internationales, en particulier le FMI, et l'OMC. La Banque Mondiale est un peu ménagée, peut-être pour des raisons de boutique. 
On peut certes dire qu'il est facile de critiquer après coup, et que sur le moment, les solutions à apporter aux problèmes des pays en crise n'étaient pas évidentes, mais Stiglitz affirme qu'avant que les décisions ne soient prises, il avait prévenu des conséquences néfastes qu'elles auraient. En tout cas, les résultats sont là : baisse des revenus, élargissement de l'écart entre les riches et les pauvres, indices démographiques en baisse, chute des investissements, crises sociales et politiques, dégradation de l'environnement, corruption, désagrégation sociale et culturelle. 
La mondialisation , c'est à dire l'intégration de plus en plus étroite des pays et des peuples du fait de la réduction du coût des transports et des communications et par la destruction des barrières artificielles à la circulation des biens et des services, des capitaux et des connaissances, a pourtant eu des aspects positifs, et elle est potentiellement capable d'enrichir chaque habitant de la planète. Mais pour qu'elle le fasse réellement, la façon dont elle est gérée doit être radicalement revue.
Stiglitz passe en revue les grandes crises qui ont marqué la fin du siècle dernier, en particulier la crise asiatique de 1997, la crise russe de 1999 et celles de l'Amérique latine, en passant par l'étude du cas de certains pays africains.
Il ne peut être question de rendre compte des analyses économiques qu'il en donne. Mais il apparaît que les remèdes proposés -en fait imposés- dans ces divers cas par le FMI non seulement n'ont pas permis d'enrayer ces crises, mais ils les ont aggravées. 
Pour l'auteur, la raison de ces échecs réside d'abord dans l'idéologie ultra-libérale qui inspire les responsables du FMI, ce qu'il appelle " le fanatisme du marché ", qui amène à supprimer toute réglementation en ce qui concerne les échanges des biens alors que, dans les cas cités, les conditions de la concurrence n'étaient pas réunies, ce qui a abouti à des hausses de prix et à des pénuries, mais, plus grave encore, à libérer les transferts de capitaux. Les banques locales, incapables de faire face à la concurrence des grandes banques, ont alors disparu, privant de crédit les petites entreprises locales et les amenant à la faillite. Il met en évidence la méconnaissance des conditions locales des experts du FMI, logés dans des hôtels de luxe pendant leurs missions de trois semaines, le fait que les dirigeants du FMI viennent des milieux de la finance ou des grandes affaires internationales et ont une vision essentiellement financière des problèmes, qui ne tient absolument pas compte des conséquences sociales et politiques des décisions prises. Les gouvernements des pays ayant recours au FMI, qui ont certes souvent de lourdes responsabilités dans le déclenchement des crises qu'ils connaissent, prennent théoriquement la responsabilité des mesures proposées dans des " lettres d'intention ", mais en fait, la nécessité présente les pousse à les accepter, même lorsqu'ils les jugent néfastes dans l'avenir. Ces mesures consistent en effet selon le credo du Fonds, à diminuer les dépenses de l'Etat, à privatiser ses entreprises, à supprimer ses réglementations, ce qui entraîne en général chômage et régression sociale, sans permettre pour autant, comme l'histoire l'a montré, la reprise de l'économie.
Les prêts accordés aux pays acceptant les " remèdes " du FMI n'ont en effet pas eu l'efficacité qu'on aurait pu en attendre. C'est qu'ils servent d'abord à rembourser les banques occidentales, en premier lieu américaines, qui autrement auraient perdu leur mise, et qu'une autre partie est détournée par les dirigeants locaux, en Russie par exemple.
Finalement, ce sont les pays qui ont refusé les solutions proposées par le FMI, comme la Chine et la Malaisie, qui se sont le mieux tirés de leurs difficultés.
Stiglitz dénonce par ailleurs la main mise du Trésor américain sur le Fonds, et l'hypocrisie de l'ensemble des pays occidentaux qui consiste à imposer aux états en développement, à l'économie encore fragile, une libéralisation qu'eux mêmes n'ont mise en place que très tardivement.
Le mode de gouvernement des IFI doit donc être revu. En particulier, il doit témoigner de beaucoup plus de transparence. Actuellement, les décisions sont prises de façon opaque, la Banque mondiale elle-même n'est souvent pas avertie des décisions prises au FMI. Les mesures d'ordre économique et financier doivent prendre en compte l'impact social et culturel qu'elles sont susceptibles d'avoir. 
Les quelques réformes qui ont été annoncées sous la pression des critiques et des manifestations populaires sont plus verbales que réelles. Il reste beaucoup à faire pour que la mondialisation soit au service de tous les hommes.


NOUVELLES DE LA SECTION FRANCAISE .

Amnesty et l'arme nucléaire .
Lors du premier forum des présidents de sections d'AI, qui s'est tenu à la fin juin à Copenhague, la proposition du CEI et de la Secrétaire générale de considérer que l'utilisation de l'arme nucléaire dans le cadre du conflit du Cachemire constituerait une violation du droit international humanitaire, lequel prohibe les attaques indiscriminées, c'est à dire celles dans lesquelles il n'y a pas de distinction entre les objectifs militaires et les objectifs civils. C'est en se fondant sur cette notion qu'AI a condamné en 1995 l'utilisation des mines antipersonnel, et ensuite des bombes à fragmentation et des armes à uranium appauvri.
L'atténuation de la crise du Cachemire a incité AI à suspendre toute déclaration. Il n'en reste pas moins que pour la première fois Amnesty a décidé de s'opposer à l'utilisation de l'arme nucléaire. Par contre, elle n'a pas pris position contre la production et la détention de cette arme. Cela pourra donner lieu à un débat lors du prochain CI en 2003.

Entreprises et droits humains .
- Une réunion au Maroc sur la mondialisation, organisée par l'Observatoire Social International, a permis de préciser les positions d'AI pour un public composé principalement de personnalités du monde des affaires, de syndicalistes et de représentants d'associations et de préparer de futures discussions à Paris avec diverses personnes ou structures intéressées par les relations entre entreprises et droits humains. L'enjeu pour AI est de faire prendre en compte le respect des droits humains dans l'appréciation portée sur le comportement des entreprises.
De façon générale, la commission entreprise de la SF conduit un important programme d'activités extérieures visant à sensibiliser le monde des affaires, au sens large, et tous ceux qui peuvent exercer une influence sur lui, au respect des droits humains.

- Il faut savoir que depuis décembre 1997, le standard SA 8000, qui fait l'objet d'une démarche volontaire des sociétés, engage la responsabilité sociale des entreprises et garantit aux travailleurs des conditions de travail sûres et décentes.
Il est assorti d'un système de vérification externe qui permet de contrôler le respect des normes dans 9 domaines précis. 

- En mai dernier, la section d'AI des États-Unis a présenté à l'Assemblée générale d' Exon Mobil qui s'est tenue à Dallas, une motion pour demander au groupe l'adoption d'un code de conduite respectueux des droits humains. Cette motion a été soutenue par 6,8% des actionnaires, ce qui est supérieur au minimum requis pour pouvoir présenter une nouvelle motion à la prochaine assemblée générale. C'est donc un résultat encourageant.

Projet de loi Justice 
Au sein de la Commission nationale consultative des droits de l'homme dont elle est membre AISF a fait part de certains commentaires portant sur de possibles incompatibilités vis-à-vis du droit international, concernant en particulier la détention des mineurs, qui doit être une mesure prise en dernier recours et pour une durée aussi brève que possible.

Ne Pas Oublier ! repas du groupe 248, le samedi 19 octobre à 20 h
salle Boris Vian à Crolles.

 

Prochaine réunion le 3 octobre 2002