LA LETTRE D'A.I.
Bulletin d'information du groupe 248

N° 166 - Juillet 2002

        SOMMAIRE  


I - Réunion intergroupes du 4 juillet

II -
Libérer Bandajevsky

III - Les mutilations génitales féminines


IV - la rentrée

 

I Réunion intergroupes du 4 juillet

Réfugiés
Pour subvenir aux besoins immédiats de la permanence accueil demandeurs d'asile, 3 des groupes de Grenoble prennent contact avec Jacqueline Leininger pour verser une subvention. Le groupe 78 reporte sa décision à la rentrée. Par ailleurs, une demande d'aide est adressée à AISF et à la région.


Une semaine pour une autre Algérie

Projet du CIIP d'une semaine de manifestation pour le mois d'octobre 2003. La ville de Constantine a été choisie par Grenoble. Il semble à l'intergroupe que AI doit être présente dans le groupe de pilotage de cette manifestation. 


Conférence mondialisation.
Les Amis du Monde diplomatique organisent une soirée avec Francis Perrin le 23 octobre.
Pour relancer l'Antenne Campus, la même conférence sera organisée au campus les 22 ou 24 octobre.

Arabie Saoudite.
Le groupe 78 souhaite organiser en octobre une manifestation en faveur de la prisonnière adoptée par le groupe, une marocaine condamnée à mort pour le meurtre de son patron.

Semaine de la solidarité internationale
Artisans du monde, l'Ecole de la paix et d'autres associations organisent une semaine de la Solidarité internationale en octobre. Le groupe 248 s'informe et fera part à la prochaine réunion du contenu de ce projet.



II Libérer Bandajevsky

Youri Bandajevsky, 45 ans, est un biologiste de renommée internationale en prison en Biélorussie, pays qui a conservé les pratiques totalitaires du temps où il faisait partie de l'URSS. En 1990, 4 ans après Tchernobyl, Youri Bandajevsky est nommé recteur de l'Institut de Gomel en zone contaminée. Il se consacre, avec sa femme pédiatre, à étudier les effets du césium 137, (radioactif pendant 30 ans), sur la population et plus particulièrement sur les enfants. Il cherche comment en atténuer les méfaits.
Pour la première fois, ce chercheur établit une relation quantitative entre la dose de réactivité dans l'organisme et la gravité des symptômes anormaux chez les enfants : problèmes cardiaques, vieillissement précoce, défenses immunitaires amoindries, etc. De plus, dans un rapport il critique la politique du ministère de la santé et l'usage des fonds qui, face à la contamination toujours présente, minimise les dangers encourus par la population.
Comment faire taire cette parole scientifique dérangeante ? En 1999, on l'accuse, sans preuve, d'avoir reçu des pots de vin pour faire admettre des étudiants à l'Institut Gomel. Le vice-recteur, également inculpé et qui l'a chargé, s'est rétracté avant le procès, disant qu'il avait agi sous la contrainte. Néanmoins Bandajevsky est condamné par un tribunal militaire, à 8 ans de prison à régime sévère. Amnesty et d'autres observateurs ont relevé 8 infractions au code en vigueur en Biélorussie . Depuis, Amnesty le soutient comme prisonnier d'opinion .
Mais pourquoi n'y a t-il pas eu une levée de boucliers de tous les scientifiques de sa discipline ? Bandajevsky, par ses recherches, n'est pas seulement gênant pour le président Loukatchenko et pour l'ex-URSS dans ses mensonges sur Tchernobyl. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a mis 5 ans pour venir sur les lieux , et les actes d'un colloque de 1995 sur les effets de Tchernobyl n'ont jamais été publiés parce que les témoignages du monde entier étaient dérangeants. L'OMS a conservé le secret sur le nucléaire.
De fait, on découvre que depuis 1959, un accord la lie à l'Agence pour l'Énergie Atomique (AIEA) dont le rôle est de promouvoir le nucléaire. Ces deux organismes de l'ONU doivent s'harmoniser pour rendre publiques leurs données. Or l'AIEA continue à affirmer (au congrès de Kiev de 2001) que Tchernobyl n'a causé en tout que 30 morts et 2.000 cancers de la thyroïde (Kofi Annan parle de 9 millions de victimes à long terme…)
Aussi, se battre pour la libération de Bandajevsky c'est se battre pour le droit à la vérité : le droit de dire pour le chercheur, le droit de connaître pour le public.
Il y aurait un espoir d'amélioration des conditions de détention du prisonnier. Après les stands des 12 et 19 juin, de nombreuses actions sont programmées, en liaison avec le comité de soutien animé par Maryvonne David Jougneau :
- Une semaine d'action début octobre, avec projection du film de Tchertkoff " Mensonges nucléaires " aux archives et une intervention à la bibliothèque du centre ville.
Vous pouvez agir pour Youri Bandajevsky
- Signer les pétitions ou lettres aux autorités pour demander sa libération immédiate et inconditionnelle.
- Soutenir financièrement l'Institut indépendant Belrad avec Nesterenko, un autre chercheur courageux qui poursuit l'œuvre de Bandajevsky.
- Venir en aide aux enfants de Biélorussie, en finançant des cures de pectine qui permet l'élimination de la radioactivité ingérée constamment avec les aliments contaminés par le césium 137.
- Faire connaître autour de soi, en une chaîne de solidarité, cette affaire que les médias français ont, jusqu'à présent, ignorée.

- La campagne de lettres se poursuit, et nous cherchons à y joindre le milieu médical




III - Les mutilations génitales féminines


Le dernier Bulletin de la Commission Enfants est consacré à ce problème. Il rappelle que les mutilations génitales féminines seraient pratiquées dans plus de 28 pays africains, dont le Burkina Faso, Djibouti, l'Egypte, l'Erythrée, l'Ethiopie, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Mali, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan et le Tchad. Il n'existe pas de statistiques sur les mutilations génitales féminines en Asie. Des cas ont été signalés chez des populations musulmanes d'Indonésie et de Malaisie, mais très peu d'informations sont disponibles sur les Mutilations Génitales Féminines (MGF) dans ces deux pays. En Inde, la petite communauté musulmane des Daudi Bohra pratique la clitoridectomie.
Au Moyen-Orient, des mutilations génitales sont pratiquées dans le sultanat d'Oman, au Yémen, dans les Emirats arabes unis et en Arabie saoudite.
Selon les sources de l'OMS, certaines populations indigènes d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud pratiquent les MGF.
Dans les pays industrialisés, les MGF sont essentiellement constatées dans les communautés immigrées qui les pratiquent dans leurs pays d'origine. Elles sont signalées en Australie, au Canada, au Danemark, en France, aux Pays-Bas, en Suède, au Royaume Uni et aux Etats-Unis d'Amérique.
Des fillettes ou des bébés vivant dans ces pays industrialisés sont parfois opérés illégalement par des médecins exerçant dans ces pays : autrefois l'Angleterre et les Etats-Unis laissaient pratiquer des MGF médicalisées, mais la législation s'est durcie depuis quelque temps. En réalité, les familles font le plus souvent venir des praticiennes traditionnelles ou envoient les fillettes en Afrique pour y subir l'intervention. Et là encore, on ne dispose pas de statistiques sur la fréquence des MGF dans les pays industrialisés.
En France, en s'en tenant aux décomptes des titres de séjour en cours de validité par nationalité, on peut estimer qu'il y a au moins 20.000 femmes et 10.000 fillettes mutilées ou menacées de l'être, résidant sur le territoire français. En 1983, la cour de cassation a établi que l'ablation du clitoris était bien une mutilation au sens du code pénal français. Les peines prévues pour l'auteur d'une MGF sont de 10 ans d'emprisonnement et de 1.000.000 F d'amende, et de 20 ans de réclusion criminelle si la mutilation est commise sur une mineure de moins de 15 ans. Jusqu'en 1999, les poursuites engagées contre les mutilations " traditionnelles " ont été rares. Mais la plainte de Mariatou Koita, une jeune française d'origine malienne, a changé cela. Hawa Greou, qui l'avait mutilée, a été condamnée à 8 ans d'emprisonnement, ce qui marque un tournant dans la lutte contre les mutilations féminines dans notre pays.

En 1995, Amnesty International a décidé d'intégrer la question des MGF à ses activités de sensibilisation aux droits de la personne humaine. Ses activités consistent notamment à sensibiliser l'opinion publique internationale et les gouvernements aux implications des MGF sur le plan des droits de la personne humaine, à exhorter les gouvernements à ratifier et à appliquer les traités internationaux relatifs aux droits fondamentaux et à respecter les autres normes internationales se rapportant à ces mêmes droits. Une des premières initiatives d'AI a été d'organiser au Ghana, en avril 1996, une réunion destinée à mettre au point une stratégie de sensibilisation. L'engagement a été pris d'élaborer un plan national d'action au Ghana.
En 1997, le premier séminaire sur les MGF organisé par AI en Afrique orientale s'est tenu à Dodoma, en Tanzanie. Il n'existe, à l'heure actuelle, aucune loi interdisant la pratique des MGF dans ce pays. Les participants sont arrivés à la conclusion que, pour aboutir, une conjonction des efforts de toutes les institutions nationales et internationales était nécessaire. L'action sur les gouvernements ne suffit pas. Ce sont tous les secteurs clés de la société qu'il faut toucher.


IV - la rentrée

Forum des Associations : Crolles et Montbonnot 7 septembre
Saint Ismier 14 septembre 

Réunion transalpine à Vevey : 28/29 septembre
Tourisme et droits humains Ferme Heurard à Seyssins : 5 octobre
Formation Education Droits de l'Homme : 12/13 octobre

et, n'oubliez pas! 

le repas du groupe 248, le 19 octobre à Crolles

 

Prochaine réunion, le jeudi 5 septembre 2002