LA LETTRE D'A.I.
Bulletin d'information du groupe 248

N° 162 - Mars 2002

        SOMMAIRE  


I - A propos de la dernière lettre du Bureau Exécutif

II - Groupe 248

III - Actions en cours

IV - Informations de la Section Française

        

        

 

I-A PROPOS DE LA DERNIERE LETTRE DU BUREAU EXECUTIF. 
Dans cette lettre, on souligne que si la préparation du Congrès a beaucoup occupé la SF ces derniers mois, cela n'a pas été au détriment de l'action.
En particulier, le mouvement a lancé deux actions urgentes à propos de la situation de M. Moussaoui, ressortissant français, jugé devant un tribunal civil aux États-Unis et qui encourt la peine de mort.
Amnesty a également pris fermement position sur le statut des prisonniers de Guantanamo. Les autorités américaines, après avoir refusé d'admettre l'application de la troisième convention de Genève relative aux prisonniers de guerre, la reconnaissent désormais au bénéfice des Talibans, l'excluant pour les membres d'Al Qaida. Pour AI, les combattants arrêtés sur-le-champ de bataille doivent être présumés relever de la convention de Genève. Si cette qualité leur est discutée, ce n'est pas à un pouvoir exécutif d'en décider, mais à un tribunal indépendant et impartial, conformément à l'article 5 de la Convention. L'enjeu est considérable. Il s'agit de savoir si un pays peut décider d'appliquer ou de ne pas appliquer à son gré une convention internationale à laquelle il est partie. Si ce devait être le cas, c'en serait évidemment fini des conventions internationales contraignantes. Ajoutons que si les prisonniers de Guantanamo ne bénéficient pas de la convention de Genève, ils doivent bénéficier de la protection de la Constitution américaine et du droit pénal américain qui leur est également dénié. Il ne s'agit pas de protéger des personnes qui auraient commis des crimes ni de stigmatiser un pays, mais de faire en sorte que les droits humains soient partout respectés. Seule la justice, et non la vengeance, peut aider à prévenir le renouvellement d'actes comparables à ceux du 11 septembre. 
.../…






Le service réfugiés a de son côté été soumis ces derniers mois à rude épreuve, et les inquiétudes ont été grandes à la suite du rapport de M. Lafon. Cependant, le dialogue avec les autorités, qui avait été rompu, a repris, et plusieurs rencontres ont eu lieu ou sont prévues. Elles pourraient aboutir à un véritable travail en commun visant à faciliter l'exercice du droit de regard dont disposent les associations en zone d'attente. Mais la proximité des élections ne laisse guère prévoir de grands changements à court terme, et en attendant des mesures sont prises pour empêcher les étrangers d'embarquer sur les aérodromes de départ, et de débarquer à l'arrivée. De plus, les projets d'accord entre les 
15 risquent d'aboutir à l'adoption du plus petit dénominateur commun en matière de droit d'asile. Il faut rappeler qu'Amnesty reconnaît aux États le droit de contrôler l'accès à leur territoire, mais défend l'accès à une procédure d'asile équitable pour les personnes en quête de protection.
Par ailleurs, AI ne s'est pas tenue éloignée des deux grands rendez-vous du mois de janvier : les forums économiques mondiaux de New York et de Porto Alegre, où elle a envoyé des représentants. A New York, il s'agissait de faire avancer auprès des milieux économiques la nécessaire prise en considération des droits humains. A Porto Alegre, son but était d'écouter, étudier et contribuer à la discussion sur les problèmes liés aux droits économiques, sociaux et culturels, et de commencer à explorer notre nouveau rôle en la matière. Il n'en a pas fallu plus pour que Le Monde et l'Expansion classent Amnesty dans le clan anti-mondialisation. En réalité, nous ne nous définissons ni comme anti-mondialistes ou anti-libéraux, ni davantage comme mondialistes ou libéraux. La mondialisation nous paraît un fait sur lequel nous prenons appui pour diffuser notre message, faire jouer les relations inter-étatiques mais aussi économiques afin que les droits humains soient davantage respectés. La seule mondialisation que nous promouvons est celle des droits humains.



II-GROUPE 248

1-Réunion inter-groupes du 5 mars.

Beaucoup de sujets ont été abordés :

*Droits de la femme dans le monde. Le groupe Marianne (promotion du rôle de la femme dans le domaine public) souhaite une intervention au nom d'Amnesty le 26 mars, Salle du vieux temple.

*Sécurité et droits de l'homme. Dans le but de provoquer une réflexion sur l'idée de sécurité, une réunion publique est prévue le 3 avril à 20 heures, au Centre social du Vieux Temple, avec les interventions de Francis PERRIN, d'Amnesty International, Debra MERVANT représentant les groupes locaux d'Amnesty, Marie Expédite BALLESTAS (ex-avocate) et Maryvonne DAVID JUGNOT (sociologue) .

*Centre des droits de l'homme en Isère et Maison de l'International de Grenoble. Ces deux projets se développent côte à côte. Une fusion à terme n'est pas à exclure. Actuellement, Fernand a pris en charge le Centre des droits de l'homme de l'Isère, et Jacques Lebatard la Maison de l'International de Grenoble.
Nous devons impérativement montrer une participation active des groupes de Grenoble, et être représentés régulièrement aux différentes réunions de concertation par une personne impliquée personnellement. Par ailleurs, chaque groupe désigne immédiatement un correspondant pour assurer le relais entre les groupes et une meilleure diffusion des informations.

*Expérience pilote " face à face ". Nous ressentons le besoin de renouveler nos équipes et de contacter des personnes jeunes ainsi que de nouvelles couches de la population. L'expérience belge nous intrigue, et nous avons de la peine à la transcrire dans notre ville. Mais pourquoi ne pas postuler quand même ? Le groupe qui ferait la demande de test n'a pas été désigné.
Rappelons que l'expérience belge a pour but d'augmenter le nombre de militants, en particulier des jeunes, et, en second lieu, d'augmenter les moyens financiers de la section. La méthode suivie est d'employer une équipe de 4 ou 5 personnes travaillant ensemble pendant un mois, sept heures par jour, cinq jours par semaine. La section emploie deux ou trois équipes en même temps, cela fait une douzaine de recruteurs ou yékés dans les rues. La sélection des recruteurs se fait sur CV et lettre de motivation, puis sur entretien. Des équipes mixtes et multiculturelles sont constituées. Elles sont renouvelées chaque mois, car le travail est difficile et éprouvant.
La formation des recruteurs consiste en une demi-journée de connaissance du mandat préalable à un essai sur le terrain. Ils portent un sweat-shirt et un badge reconnaissables. Il y a une table, des dépliants, des magazines, des lettres, des pétitions…Le recruteur donne au passant un formulaire d'adhésion, contenant un ordre de virement bancaire, que ce dernier signe généralement sur place. La signature a un effet immédiat. Depuis trois ans que la méthode est pratiquée, la Section belge francophone a atteint les résultats suivants : le nombre de membres est passé de 8 000 à 27 000, la moyenne d'âge est passée de 46 à 36 ans, les réseaux se sont considérablement élargis et diversifiés, les actions urgentes ont connu une très grande expansion.



*Tourisme et droits humains. Projet d'échange d'informations entre 8 à 10 professionnels du tourisme et Amnesty, l'Ecole de la Paix, Aide à l'Enfance tibétaine. Le 5 octobre, Ferme Heurard, à Seyssins; informations complémentaires à suivre.

*Prisons. Annabelle Mazier souhaite étudier un projet avec la prison de Varces (écriture de lettres). Notre groupe est intéressé par ce dossier. En préalable, Annabelle se mettra en contact avec Odette Jay et le réseau national d'AI.



*Communication. Ce thème n'a pas pu être abordé du fait de l'abondance de l'ordre du jour de la réunion.
La nécessité de dynamiser nos actions dans ce domaine ne s'en fait pas moins sentir. 




III-LES ACTIONS EN COURS.


1-Enfants.
Une série d'actions sont proposées en direction de différents pays :
*Au Yémen, Badr al Dhubai, un enfant de 8 ans, a été enlevé pour contraindre son père à abandonner les poursuites judiciaires engagées contre un des membres de la tribu des ravisseurs.
*en Colombie, un garçon de 17 ans qui travaille comme stagiaire pour l'Eglise catholique, a disparu, probablement enlevé par un groupe de paramilitaires.
*en Suède, Madame Ahmed Fouad Abd Al Khaleq s'est réfugiée dans la clandestinité avec ses cinq enfants, craignant que les autorités suédoises ne s'apprêtent à la renvoyer contre son gré en Egypte, où son époux est soupçonné d'appartenir à un groupe islamiste armé. Aux dernières nouvelles, du fait des pressions subies, le gouvernement suédois a suspendu l'arrêté d'expulsion.
*aux États-Unis, à la suite de nombreuses interventions, le procureur du comté de Northumberland, en Pennsylvanie, a annoncé qu'il ne requerrait finalement pas la peine de mort contre Brandon Brown, âgé de 16 ans, pour un meurtre commis alors qu'il avait 15 ans. 
3-Défenseurs des droits de l'homme égyptiens
Libérés après leur procès en cassation, ils seront rejugés par la Cour de Sûreté de l'Etat.



2-Femmes.
*Le Kenya a été choisi pour l'action Femmes 2002, car il est emblématique du traitement discriminatoire dont est encore victime la majorité des femmes à travers le monde. Malgré les obligations morales et légales qui sont les siennes, le gouvernement kényan n'a pas réformé la législation nationale en vue de criminaliser les actes de violence contre les femmes. Chaque année, ce sont des milliers de femmes qui sont blessées ou qui meurent des suites de violences, qui peuvent être le fait d'agents de l'État, mais sont bien souvent commises par l'entourage. Les cas de viols, notamment, augmentent de manière alarmante. 
Les actions, entreprises à partir du 8 mars, se feront jusqu'au 31 juillet. Elles comprennent les cas de Mary, Agnès et Louise, qui ont été soumises à des violences commises par leur entourage, celui de Hadaja Chore, violée alors qu'elle se trouvait en détention, et de Mary Muragwa, torturée et violée par des policiers.
Une pétition appelle par ailleurs le gouvernement kényan à condamner publiquement tous les actes de violence à l'égard des femmes, à enquêter sur toutes les allégations de violences et à poursuivre leurs auteurs, et ériger le viol conjugal en infraction dans le droit kényan.
*Une action urgente est lancée vers le Mexique où Virginia Marquez et 5 membres de sa famille, dont un bébé de 6 mois, ont " disparu " depuis le 14 janvier. après leur arrestation par des militaires.






IV-INFORMATIONS DIVERSES.

1-Zoom sur l'Europe centrale et orientale.
Alors que dans les sections plus anciennes Amnesty marque parfois le pas, elle connaît depuis quelques années un développement remarquable en Europe centrale et orientale. C'est le cas en Slovénie, où AI a organisé un camp d'été pour des jeunes en juillet 2001, en Pologne et en Hongrie. Il existe désormais trois groupes en Albanie, en Biélorussie, en Moldavie, deux en Estonie, un en Lituanie, en Azerbaïdjan et au Kirghistan. Cela, malgré de notables difficultés, comme en Ukraine où des membres de plusieurs groupes ont reçu la visite de la police, ce qui n'a pas empêché une cinquantaine de journalistes d'assister à la conférence de presse consacrée au 40ème anniversaire d'AI. En Turquie, malgré les intimidations et l'absence de reconnaissance légale, il existe une structure amnestienne qui a même organisé une réception à laquelle ont assisté des politiciens et des universitaires turcs ainsi que des diplomates de l'UE.
Tout cela est fort encourageant et important, entre autres dans la perspective de l'élargissement de l'Union européenne.

2-L'héroisme de Sihem Ben Sédrine
Malgré les persécutions dont elle est l'objet de la part des autorités tunisiennes, ainsi que son mari, Sihem Ben Sédrine poursuit son combat pour les droits de l'homme. Porte-parole du Conseil National des Libertés en Tunisie (interdit par les autorités), elle poursuit avec quatre autres associations, dont Amnesty, la lutte contre les violations des droits humains en Tunisie.
Envers ces associations, la répression répond à une stratégie de harcèlement ininterrompu. Sihem est surveillée en permanence par une quinzaine de policiers et sa voiture est escortée par des motards. Dans ces conditions, le travail est d'une extrême difficulté, d'autant plus que les défenseurs des DH sont privés insidieusement de ressources par des pressions sur la clientèle de leurs entreprises.
La lutte contre le terrorisme sert évidemment d'alibi pour une intensification de la répression. Les arrestations sont chroniquement suivies de tortures et de mauvais traitements. Pourtant, chose admirable, les défenseurs ne renoncent pas. Ils envisagent même de lancer prochainement une campagne d'envergure pour l'amnistie générale des prisonniers politiques.

3-Palestine : ce qu'ont vu et entendu les membres d'un groupe du Collectif isérois pour la Palestine.
Un groupe de 30 grenoblois s'est rendu du 2 au 23 février en " Mission civile de protection du peuple palestinien ". Un compte-rendu de cette mission est publié dans un numéro spécial de " Palestine aujourd'hui " de mars 2002. On y trouve la confirmation tout ce qu'on peut savoir de l'horreur de la situation par les médias, mais on découvre également l'existence d'organisations militant pour la paix, comme " Femmes en noir " ou WILPF, et de manifestations que les médias passent sous silence, comme une marche pour la paix de 4.000 femmes à Jérusalem le 28 décembre 2001, qui permettent de ne pas tout à fait désespérer..

4-Lettre au Comité Exécutif National
La Section Française a envoyé un courrier relatif aux prises de positon de Pierre Sané dans l'introduction du Rapport annuel 2001 au Secrétariat international et aux Présidents de sections. Cette préface pose trois problèmes sérieux à la SF. Tout d'abord, le texte de Pierre Sané prend position sur des débats internes avant même le congrès de Dakar. Ensuite, il expose des opinions personnelles sur des points ne relevant pas du mandat d'AI. Enfin, il présente les positions d'AI (par exemple sur la mondialisation) de telle façon qu'elles peuvent prêter à confusion.

5-Article Premier.
Suite à la plénière de janvier, Article Premier poursuit ses activités. La motion 2002 est prête.

6-Questionnaire aux candidats à l'élection présidentielle.
Il contiendra un nombre limité de questions très précises pour éviter les réponses trop générales.

7-Proposition d'action exceptionnelle "Union européenne et droits humains".
La Section espagnole propose de compléter l'action de lobbying exercée de façon constante par le Bureau européen d'AI établi à Bruxelles par l'envoi d'une lettre à M. Aznar lui demandant qu'au cours de la présidence espagnole de l'Union Européenne, les droits humains (certains d'entr'eux sont précisés) soient l'objet d'une attention particulière et d'une promotion efficace.

8-Commission entreprises.
Dans le cadre de la Déclaration universelle des droits de l'homme appelant "tous les individus et tous les organes de la société" à participer au développement du respect des droits fondamentaux, la Commission Entreprises de la Section Française, créée en 1991, intervient par le dialogue auprès des différents acteurs économiques. Elle s'efforce d'assurer la promotion des droits humains dans les entreprises, d'obtenir d'elles qu'elles prennent en compte la dimension "droits humains" dans leur politique d'investissement, et, de façon générale, de faire connaître aux milieux économiques les préoccupations d'Amnesty. Elle travaille en liaison avec le réseau INCA, constitué par des correspondants de commissions entreprises de différentes sections, et entretient des contacts permanents avec les responsables des grandes entreprises, organise des rencontres avec des dirigeants et des étudiants, cela en association avec des groupes de travail d'autres ONG.



Quelques annonces 


*Le samedi 16 mars de 14h30 à 24 h au Centre Social Chorier-Berriat, rue Le Chatelier à Grenoble : "10 heures pour l'Argentine " avec notamment Pierre SALAMA, économiste et collaborateur du Monde Diplomatique, et un film vidéo. La manifestation se conclura de façon festive (buffet argentin, danses, dont l'inévitable tango).

*Le samedi 23 mars, le groupe 25 tiendra à Grenoble un stand consacré aux prisonniers d'opinion tunisiens.

*Le rapport annuel de Human Rights Watch peut être trouvé sur le site http://www.enduring-freedoms.org/


*Un compte-rendu du rapport du Comité de déontologie de la sécurité a été fait dans Le Monde du 21 février.

*Le jeudi 21 mars à 20h au cinéma Le Méliés, soirée cinéma-débat autour du film L'AFRANCE "d'Alain Gomis, organisée par le Collectif " Tous différents, tous égaux, tous citoyens". La réservation est indispensable pour cette soirée. Le film sera par ailleurs programmé du 20 mars au 9 avril. Le sujet : la contradiction entre la France et l'Afrique vécue par un étudiant africain.

*Le mardi 2 Avril à 20h30 Ciné + à l'Espace Aragon
Le Cas Pinochet de Patricio GUZMAN débat organisé par "Ras l'Front"




Prochaine réunion le 4 avril 2002.