LA LETTRE D'A.I.
Bulletin d'information du groupe 248

N° 149- mai 2001

 

       SOMMAIRE  

I - La Commission des Droits de l'Homme de l'ONU sert-elle à les défendre ou à les bafouer 
II- 40 ème anniversaire
III - Actions en cours
IV - Informations diverses
V - Agenda

 






I- LA COMMISSION DES DROITS DE L'HOMME DE L'ONU SERT-ELLE A LES DÉFENDRE OU A LES BAFOUER ? 

La session annuelle de la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU se termine actuellement à Genève. Le compte-rendu qu'en donne le journal Le Monde du 27 avril est des plus inquiétants. En effet, des États (l'Arabie saoudite, la Libye, la Syrie ou le Vietnam...) qui, jusqu'à présent boudaient la Commission, dont ils n'appréciaient pas l'activité, ont décidé d'en faire désormais partie afin de pouvoir la contrôler. Ils ont créé des ONG "gouvernementales", les "gongos" en langage onusien, dont la conception des droits de l'Homme n'est évidemment pas un modèle d'impartialité. Il n'est pas étonnant dans ces conditions que les interventions des ONG (les vraies...), appuyées par de nombreux témoignages, ne reçoivent que des réponses lénitives, que certains pays, comme l'Iran, ne récusent tout bonnement les rapports qui les concernent, ou qu'une quinzaine d'autres, menés par la Chine et l'Indonésie, accusent les ONG "d'atteintes à la souveraineté des États" et réclament l'instauration d'un "code de bonne conduite" les régissant. Certaines d'entre elles ont été l'objet d'attaques particulièrement sévères.

Elles ne peuvent que dénoncer l'hypocrisie internationale qui permet, sous le couvert des principes onusiens, le développement sur le terrain de stratégies de répression accrue, et permette de parader à la Commission en tant qu'ambassadeur de Cuba, un ancien procureur qui a envoyé plus d'une centaine de condamnés au peloton d'exécution. Un représentant Ouighour, exprimant la déception générale, constatait : "Beaucoup de gens perdent confiance dans l'ONU". 
Pourtant la Commission de Genève demeure le lieu où les ONG peuvent encore dénoncer certains coupables, et faire entendre les voix des victimes qui seraient autrement complètement oubliées. Autant de motifs pour poursuivre un combat sans cesse remis en cause. 



II-40èmeANNIVERSAIRE D'AI.

Le premier temps fort du 40ème anniversaire approche. Il a en effet lieu à la fin du mois de mai. De nombreux projets en sont à leur phase ultime. 
A Grenoble, le 19 MAI, se tiendra une manifestation intergroupe et inter associative contre la torture. Le rassemblement est prévu à 14h 30 place Félix Poulat, où un stand sera établi. Une marche silencieuse parcourra le centre ville, dont feront partie une cinquantaine de porteurs de masques blancs et de porteurs de pancartes où seront inscrits les noms de victimes de la torture. Elle sera rythmée par des tambours et ponctuée d'animations. 
Des événements de ce type auront lieu dans toute la France. A Paris, la Statue symbolisant les victimes de la torture est prête. Elle est en hêtre, pèse environ une tonne et mesure 3m50. Elle sera érigée au Centre Beaubourg. 
La Chronique spéciale de l'anniversaire, destinée à faire connaître Amnesty à un large public, est dès à présent commandée à 10.000 exemplaires, et on peut penser que ce n'est qu'un début. En ce qui concerne les médias partenaires : 
- ARTE prévoit un reportage sur la Section française aux alentours de la date anniversaire, et une émission du "Dessous des cartes" : Amnesty depuis 40 ans et le rapport annuel 2001.
- Le Monde 2 : un dossier sur le rapport annuel et 40 ans d'AI dans le numéro qui sort le 5 juin. 
-  Presse club Magazine (à destination de la profession) : un article sur le rapport annuel et les 40 ans d'Amnesty dans le numéro de juin. 

En attente de confirmation : 
- Passé simple sur M6 (6 minutes) : émission qui retrace l'histoire à partir de l'actualité (donc les 40 ans d'Amnesty). 
- Les Clés de l'actualité : demande de partenariat pour un numéro spécial 40 ans AI/Droits Humains (13-18 ans) le 24 mai. Le dossier a été achevé la semaine du lundi 23 avril et est envoyé aux groupes, relais de presse et médias. 
Une manif Roller aura lieu à Paris le 1er juin à partir de la Place d'Italie de 22h à 1h. Son but est de sensibiliser les jeunes. On leur distribuera 20.000 cas d'appel torture et un tract avec des informations sur AI.

III-LES ACTIONS EN COURS.

1-Campagne torture. 
Elle est très liée avec la commémoration du 40ème anniversaire, à laquelle s'ajoutent d'autres actions qui concernent en ce moment : 
- Trois kenyanes participant à un programme de sensibilisation aux droits humains qui ont été arrêtées, maltraitées, et détenues dans des conditions inhumaines avant d'être finalement remises en liberté au bout de cinq jours. 
- Une jeune femme du Congo-Kinshasa, arrêtée sous le prétexte qu'elle aurait eu des contacts avec l'opposition armée à Bukavu. Elle a été soumise à de nombreux mauvais traitements et violée à de nombreuses reprises. Elle a été libérée par la suite, mais elle souffre de nombreuses séquelles physiques et psychologiques, et est menacée d'être à nouveau arrêtée et violée à tout moment.

Torture, ces femmes qu'on détruit. C'est le titre d'un rapport récemment publié par Amnesty. Le message présenté par ce rapport peut être résumé de la façon suivante:
- Les femmes sont victimes d'actes de violence incessants et quotidiens favorisés par la discrimination (une femme sur cinq est victime de la violence dans le monde).
- Les États sont tenus d'empêcher la violence contre les femmes et de la réprimer lorsqu'elle survient. Les violences infligées aux femmes dans leur foyer ou au sein de leur communauté peuvent constituer des actes de torture, car elles ont un effet dévastateur, psychologiquement et physiquement, et peuvent avoir les mêmes objectifs que la torture infligée en détention : punir, humilier et briser la victime pour mieux l'assujettir

Faut-il parler aux jeunes de la torture ? C'est une question souvent posée à propos de cette campagne. Lors du week-end des relais "Éducations des droits de l'Homme" de mai 2000 à Lyon, il a été décidé qu'on devait en parler. En effet, la torture est utilisée dans 150 pays, et elle ne recule pas. Nous ne pouvons taire sa réalité ; il faut que les jeunes sachent qu'ils vivent et qu'ils vivront dans un monde où elle existe. Le silence la favorise ; il est nécessaire de parler des conditions qui la génèrent. Cependant, cette démarche délicate doit rester à l'appréciation de chaque membre d'AI selon sa volonté d'aborder un sujet particulièrement sensible pour un auditoire de jeunes. Il n'en est pas moins nécessaire qu'ils sachent que la torture est non seulement intolérable dans tous les cas, mais également condamnable. Elle constitue un crime défini juridiquement et passible de poursuites judiciaires. Le droit à ne pas être torturé fait partie des droits imprescriptibles de la personne humaine, même lors de situations politiques exceptionnelles. 

2-Plusieurs autres actions qui intéressent différents sous-groupes se relient au problème de la torture.

Au Burundi, trois hommes soupçonnés de collaboration avec les Forces nationales de libération, mouvement d'opposition armé, sont détenus au secret par une unité spéciale de la gendarmerie qui pratique couramment la torture.
En Égypte, Le rapport sur les tortures paru en février dernier dénonce son usage très répandu dans les postes de police à l'encontre des détenus de droit commun. Les victimes sont de toutes conditions sociales et de tout âge. L'inaction totale des autorités favorise la permanence de ce phénomène. L'Égypte a pourtant été le premier pays arabe à ratifier la Convention des Nations Unies contre la torture et les traitements cruels, inhumains et dégradants. Une action est demandée en faveur d'une jeune femme maltraitée à plusieurs reprises par la police.
En Sierra Leone, une intervention est demandée pour une autre jeune femme, violée par des rebelles du Révolutionnary United Front, qui a pu se réfugier dans un camp de personnes déplacées. Dans ce pays, l'ampleur des viols et des violences sexuelles est sans précédent : plus de 90% des jeunes filles enlevées par les forces rebelles au cours du conflit, qui dure depuis 1991, ont subi des viols et des sévices sexuels. Il importe que ces jeunes femmes bénéficient d'une assistance appropriée et d'indemnisations.

En Colombie, un avocat spécialisé dans la défense des droits humains est en grand danger : on a appris qu'un groupe para-policier ayant déjà accompli des meurtres de syndicalistes et d'hommes politiques a établi un dossier le concernant. Dans ce même pays, les meurtriers de deux militants du Centre de recherche et d'éducation populaire semblent bénéficier d'une totale impunité.

3-Enfants.
Une exposition est actuellement présentée à la bibliothèque de Saint Ismier. Des actions urgentes ont lieu en direction de l'Argentine, de la Turquie et du Burundi.

4-Nouvelles actions.
- Le groupe a accepté de participer à une campagne pour les défenseurs des droits de l'Homme en Afrique de l'Ouest, d'avril à octobre 2001. Chantal accepte de s'en occuper. 
- Il participera également à une campagne pour l'abolition de la peine de mort de juin à septembre 2001. Les pays concernés pour le groupe sont le Sri Lanka et le Bangladesh. Gilles se charge du premier et Pierre du second.

IV-INFORMATIONS DIVERSES. 

Excellente nouvelle : le Maroc est désormais une section d'Amnesty à part entière et va organiser toute une série d'événements pour célébrer cela. 

Moins bonne nouvelle : dans certains supermarchés, des personnes qui ont photocopié des documents d'Amnesty les utilisent pour demander de l'argent. Si l'on est témoin de cela, on est prié d'en aviser la SF. 

L'École de la Paix, avec laquelle nous agissons souvent en partenariat, est actuellement mise en cause du fait d'un rumeur (elle ferait  partie d'une secte ) et  aussi par les agissements d'une personne qui agit illégitimement en son nom. Il n'est pas inutile de préciser que cette organisation, liée à la Fondation Charles Léopold Mayer, scientifique et philanthrope qui a voulu mettre après sa mort, survenue en 1971, sa fortune au service de travaux à caractère scientifique et humanitaire, a pour objet d'informer et d'éduquer les citoyens en vue de construire la paix et d'amener personnes, groupes et États, à établir et élaborer, d'eux-mêmes, des relations plus pacifiques. Elle est à la fois un centre de médiation et de solidarité, d'animation pédagogique, de recherche, de documentation et d'informations. A côté de la Fondation Charles Léopold Mayer, on trouve parmi les fondateurs, la Ville de Grenoble, La Fédération des Œuvres Laïques, Le CCFD, la Ville de Meylan et Médecins du Monde. Elle organise de nombreuses actions, et elle s'est engagée de façon particulièrement importante en Colombie.

Dans le cadre de la préparation du Conseil International qui se tiendra du 17 au 25 août à Dakar, un Forum est organisé le 23 juin de 9h30 à 17h30 au Secrétariat National. Il portera sur les thèmes suivants :
-les sanctions économiques, 
-les interventions armées à but humanitaire 
-le problème de l'adaptation des formes d'action aux pays concernés,
-le développement d'Amnesty. 

V -AGENDA

Le 16 juin, pique-nique du secteur Alpes au bord du lac d'Annecy, les personnes qui souhaitent y participer sont priées de s'inscrire.

La réunion transalpine aura lieu le 30 septembre à Thonon.

Le pique-nique du groupe 248 : il est prévu le jeudi 28 juin au lieu habituel, La Maison, 42 Chemin du Crêt de Chaume. 

Le repas annuel du groupe aura lieu le 13 octobre à St Nazaire les Eymes avec le groupe folklorique Lou Pelaya



PROCHAINE RÉUNION LE 7 JUIN 2001