LA LETTRE D'A.I.
Bulletin d'information du groupe 248

 

N° 141- Septembre 2000


SOMMAIRE

 

I   - LA RENTRÉE

  II - LE POINT DES ACTIONS
Tchétchénie

        Cour Pénale internationale 
 
Transferts d'armes 
Dossier Cubain  
Peine de mort  
      Arabie Saoudite
Srebrenica
Haïti  
  Torture
 
   République démocratique du Congo 

           IV - GROUPE 248
       Communes en scène    
    Enfants 
 
        Femmes       
    Forum des associations
Réunion transalpine  
       Soirée États Unis
Repas du 21 Octobre

   

I - LA RENTRÉE.

Le groupe 248 a tenu sa réunion  de rentrée il y a quelques jours, et a pu constater que ses membres étaient prêts cette année encore à assumer le travail de défense et de promotion des droits humains que nécessite une situation dans laquelle les conflits ne se sont pas apaisés, même si certains d'entre eux, comme celui qui déchire la Tchétchénie  ne bénéficient pas de la couverture médiatique que justifierait l'ampleur des exactions qui s'y commettent, et si d'autres sont à peu près complètement passés sous silence. Pour faire face à une tâche qui s'avère très lourde, alors qu'il convient de mettre à profit la présidence française de l'Union européenne, la Section française se trouve dans des conditions satisfaisantes. Elle a commencé à mettre au net les décisions du Congrès de Lille en dressant la liste de ses priorités : accroissement de la capacité à mobiliser tous les groupes lors des situations de crise, développement de la sensibilisation aux droits humains, développement du militantisme, promotion et développement de l'usage d'Internet pour une utilisation efficace et stratégique de l'information, diversification des modes de financement. Elle possède une équipe dirigeante unie et compétente et son nouveau directeur, Thierry de La Brosse, a pris son poste avec beaucoup de détermination. Ses nouveaux locaux permettent de travailler de façon plus efficace et plus agréable. Ses finances sont saines, et la situation des groupes est pour la grande majorité d'entre eux satisfaisante. 

D'autres pays sont insuffisamment couverts malgré les graves inquiétudes que l'on peut avoir à leur propos, par exemple la Corée du Nord. Par ailleurs, la gestion de certaines crises, comme celle du Kosovo, n'a pas été effectuée de façon suffisamment efficace, et la situation de crise n'a pas été prononcée pour la Tchétchénie, ce qui a entraîné une protestation de la SF.  Autre sujet d'inquiétude : les Éditions françaises d'Amnesty International paraissent débordées par le volume des traductions à assurer, malgré l'énorme travail qu'elles fournissent, ce qui entraîne des retards importants. Les problèmes ne manquent donc pas, mais quelle est la vie sans difficultés ? En ce sens, mais aussi en ce qu'Amnesty accomplit malgré elles, on peut estimer que notre organisation est bien vivante.  

II-LE POINT DES ACTIONS.

 Tchétchénie

Frappant sans distinction les objectifs militaires et civils, les forces russes font subir un véritable martyre à la population tchétchène. L'intensité des attaques a obligé des milliers de personnes à fuir, beaucoup sont prises au piège par la fermeture des axes routiers. D'autres, soupçonnées d'être des rebelles, sont battues et atrocement torturées dans des camps dits de filtration. Un jeune soldat russe écrit dans une lettre: "Ici, ils sont littéralement massacrés. Il faut entendre leurs cris, ces cris d'hommes forts à qui on casse tout ce qu'on peut casser... S'il y a un enfer, il est ici. J'ai du mal à décrire ces façons exotiques de casser l'être humain, de transformer l'homme en animal. J'aimerais, s'il y a dans le monde une force capable de faire quelque chose, aider ces gens." Or, les interventions des États et des organisations internationales ne sont pas, pour diverses raisons, à la hauteur de ce drame. Après diverses actions, considérant qu'il est impossible de laisser faire sans réagir, AI propose de nouvelles interventions consistant à envoyer aux autorités russes des lettres et une pétition demandant le respect des droits humains en Tchétchénie.

Cour pénale internationale.  
Après la ratification par la France du statut de la Cour pénale internationale et l'initiative prise par Amnesty pour que la journée du 17 juillet soit déclarée par l'ONU "Jour de la justice internationale", il convient qu'intervienne le plus rapidement possible la 60ème ratification qui permettra la mise en place effective de la Cour. Jusque là, la justice ne pourra pas passer puisqu'elle  ne pourra pas juger les crimes commis avant la 60ème ratification. Au milieu de l'été, on n'en était qu'à 14... Il nous est donc demandé  à écrire à un certain nombre de gouvernements étrangers pour leur demander instamment de signer ou, s'ils ne l'ont pas déjà fait, de ratifier le Statut. Nous nous chargeons pour notre part de la République irakienne, du Royaume Hachémite de Jordanie, de La République populaire démocratique du Laos et de la République libanaise.

Transferts d'armes.  
L'Union européenne représente à elle seule 30% des exportations  d'armements. Avec la mise en place du Code de conduite des exportations d'armements, l'Union européenne s'est engagée depuis 1998 dans un processus de transparence, résultat d'un double processus : d'une part, la prise de conscience par des pans de plus en plus larges de la société civile des entraves au développement et à la généralisation des droits humains que constituent la circulation et la prolifération des armes légères. D'autre part, l'européanisation de l'industrie de la défense en parallèle avec la mise en place de l'Europe de la défense conduit les industriels à réclamer une clarification et une harmonisation des procédures pour les exportations d'armes entre les différents États membres de l'Union européenne.  Alors que la France assure la présidence de l'Union européenne durant le second semestre 2000 et que l'Union européenne s'apprête à publier la deuxième édition du rapport sur l'application du Code de conduite, la SF a jugé important de confronter les points de vue des ONG avec ceux des représentants gouvernementaux et des parlementaires et de réfléchir sur des propositions d'amélioration et d'universalisation du Code de conduite de l'U.E. en vue d'un meilleur contrôle, prélude à une limitation notamment des armes légères. Elle a donc décidé d'organiser une conférence qui aura lieu le vendredi 22 septembre au Sénat, salle Monnerville, de 8h15 à 17h. Une journée réservée aux ONG aura lieu le lendemain. On peut s'inscrire en faxant au +33 1 53 38 55 00. Par ailleurs, une action  a été engagée par la Commission Transferts MSP en direction de l'Arabie Saoudite. En effet, dans ce pays où les droits humains ne sont pas respectés, divers matériels tels que les matraques et les barrières électriques ou les entraves sont utilisés pour faire subir de graves sévices aux prisonniers ou sont réexportés vers d'autres pays. Or ces matériels proviennent pour une part importante de pays occidentaux, dont la Grande Bretagne. La France n'en est ni productrice ni exportatrice. Mais il n'en va pas de même pour les armes légères, le matériel anti-émeute et certains blindés légers qui peuvent servir à la répression.  La Commission demande donc d'envoyer à Monsieur Hubert Védrine et aux ministres du Commerce de Grande Bretagne et des États-Unis une lettre les priant de bien vouloir fournir le détail des autorisations de transfert des MSP et de renforcer le contrôle sur les exportations de ces matériels vers l'Arabie Saoudite.

  *Le bilan de l'action Transferts MSP en Afrique qui a eu lieu du 15 novembre à la fin décembre 1999 montre que le tabloïd "Le commerce de la terreur" édité à cette occasion a été largement diffusé, et que des courriers à des autorités africaines, des pays et des entreprises exportateurs d'armes ont été envoyés par 49 groupes. Il leur a paru regrettable que l'action soit de si courte durée, ce qui n'a pas permis d'utiliser au mieux un matériel de qualité et de prendre suffisamment de contacts extérieurs.

*Les membres de l'Équipe de France de football ont signé une lettre à l'en-tête d'Amnesty dans laquelle ils expriment leur préoccupation devant la prolifération et l'usage incontrôlé des armes légères.

Dossier cubain.  
Jésus Joël Diaz Hernandez, journaliste cubain de 37 ans a été arrêté en janvier 1999, condamné à 4 ans de prison pour "dangerosité sociale" et placé après une grève de la faim en "cellule d'isolement" où il n'y a ni électricité ni eau courante et où pullulent rongeurs et insectes. Il y est maintenu, alors qu'il souffre d'une amibiase, malgré les nombreuses interventions conduites par Amnesty, Reporters sans Frontières, la Fondation France libertés et le Vatican. Nous avons reçu de lui une très belle lettre en réponse aux cartes que nous lui avons envoyées pour lui manifester notre sympathie. Il y exprime sa joie de savoir que beaucoup de gens pensent à lui, et qu'il n'est pas abandonné dans sa prison. Cela ne peut que nous encourager à continuer à lui témoigner notre amitié. Vous pouvez continuer à lui envoyer des cartes postales avec quelques mots de sympathie à l'adresse suivante:

Sr Jésus Joël Diaz Hernandez  
Prision provincial de Ciego de Avila  
Ciego de Avila  
Cuba

Affranchissement 4,90 FF

Peine de mort.  
En Turquie, où la dernière exécution date de 1984, un projet de nouveau code pénal dans lequel la peine de mort a été supprimée, a été rédigé en 1997, mais il attend toujours d'être discuté et adopté par le Parlement turc.  Nous sommes donc invités à écrire au Premier ministre turc pour lui demander que soit signé et ratifié par son pays le Protocole n°6 à la Convention européenne des DH, en plus du Deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte International des Droits Civils et Politiques (PIDCP). A Madagascar, aussi, aucune exécution n'a été faite depuis 1958, mais la peine de mort existe encore dans la législation. Il s'agit donc d'obtenir que son abolition soit inscrite dans la Constitution et que le pays ratifie le Deuxième Protocole facultatif se rapportant au PIDCP en écrivant au :  Président Didier Ratsiraka et au Premier Ministre Tantely - Andrianarivo.

Arabie Saoudite-  
L'action commencée en mars 2000 se poursuit jusqu'à la fin septembre 2000. A la fin de juillet, on comptait 71 exécutions depuis le début de l'année, dont 25 pour le seul mois de mai. Un cas d'appel concerne deux indiens accusés d'avoir dérobé une mallette contenant des billets de banque. Après avoir été torturés, le premier a été condamné à 240 coups de fouet et à 1 an de prison, le second à 200 coups de fouet et 8 mois de prison. Un Érythréen accusé de vol et de fraude a dû signer des aveux sous la torture, et a ensuite été condamné à 550 coups de fouet, dont il aurait déjà reçu 500, et à cinq ans et demi de prison.

Srebrenica.  
Les pétitions peuvent encore être envoyées jusqu'à la fin du mois de septembre.

Haïti.  
Les élections de juin ont été marquées par de nombreuses violences. Le 24 juin, Amnesty a tenu à Paris une réunion publique pour les dénoncer et demander la fin de l'impunité pour J.Cl. Duvalier, qui réside toujours en France. Des lettres sont envoyées à différentes ONG pour les alerter sur la situation de l'île.

Torture.  
La campagne qui lui est consacrée commencera en octobre et durera jusqu'à la fin de septembre 2001.Le groupe envisage de patronner une représentation-débat du film Garage Olympo, qui traite de la répression pendant la dictature militaire en Argentine.

République Démocratique du Congo.  
Nous continuons à demander aux autorités congolaises de faire cesser les graves violations des droits humains dont se rendent coupables les forces armées envers les populations civiles et de supprimer le Conseil de guerre opérationnel qui rend des jugements en dehors de toutes les règles internationales. Des modèles de lettres sont sur ce site.

III - GROUPE 248.  
*Nous avons été présents le 6 juillet à la dernière soirée de la manifestation "Communes en scène" organisée à Fort Barraux. Les 200 personnes qui y ont participé ont beaucoup apprécié les spectacles qui y ont été donnés et l'ambiance que certains ont qualifiée de "magique". Pendant les 10 jours qu'a duré cette manifestation, environ 2.000 personnes l'ont fréquentée.

*Enfants  
Une action est demandée pour protester contre le "nettoyage social" dont sont victimes les enfants des rues de Tegucigalpa. En 1999,plus de 50 d'entre eux ont été tués, et le massacre a continué cette année. Les auteurs de ces meurtres bénéficient d'une impunité totale,  alors que la rue est le seul endroit de vie pour beaucoup d'enfants victimes de la situation économique et sociale désastreuse et  l'absence de structures d'accueil qui caractérisent ce pays.

Une exposition sur les Enfants soldats aura lieu du 15 au 30 septembre à la Bibliothèque de Crolles.

*Femmes  
Des interventions ont lieu au Tadjikistan, au Pérou et en Haïti.

*Des membres du groupe ont participé aux divers Forums des Associations : le 9 septembre à St Nazaire, Crolles et Montbonnot; le 16 septembre à St Ismier.

*Une Réunion transalpine se tiendra les 23 et 24 septembre à Aoste sur le thème: "Droits humains et prisons" avec la participation de différents spécialistes. Les personnes intéressées doivent se faire connaître avant le 20 septembre.

*Les Amis du Monde Diplomatique proposent une soirée consacrée aux États-Unis au cours du quatrième trimestre 2000. Des précisions devront être données ultérieurement.

 


Enfin, retenez bien votre soirée du :  
          21 octobre 2000  
    date du repas du Groupe 248. 
Le repas, axé cette année sur la cuisine d'Amérique du Sud, se déroule dans une ambiance fort sympathique. Venez avec vos amis, car, c'est un moyen de soutenir Amnesty. Participation aux frais : adultes 150F, enfants 50F. Salle polyvalente de Saint Nazaire les Eymes à 20H. 

 

 La prochaine réunion aura lieu le jeudi 5 octobre.