LA LETTRE D'A.I.
Bulletin d'information du groupe 248

 

N° 134- Janvier 2000


SOMMAIRE

 

  I-UN NOUVEAU DIRECTEUR POUR LA SECTION FRANCAISE

II - LA CAMPAGNE ETATS- UNIS

III- AI ET L'OMC

IV - AG DE SECTEUR DU 9 JANVIER 2000

V- POINT DES ACTIONS
1 - Tchétchénie
2 - Irak
3 -Afghanistan
4 - Dixième anniversaire de la Convention Internationale des droits de l'enfant
5- Armes légères
6- Arabie Saoudite

III - LE GROUPE 248
Ran
Communication
Enfants
Femmes
Lutte contre l'esclavage contemporain

 

 


I  Un nouveau directeur pour la section Française

 

Le 6 décembre, Thierry de la Brosse a pris ses fonctions de directeur de la section française. Marié, père de quatre enfants de 20 à 13 ans, il a été recruté au cours d'un processus de plusieurs mois avec l'assistance d'un cabinet de "chasseurs de têtes". Il a une expérience de banquier d'affaires et d'industriel, et a travaillé une douzaine d'années en Angleterre et aux Etats-Unis. A cinquante ans, il souhaitait quitter le monde de l'argent et consacrer aux autres le reste de sa vie professionnelle. Alors qu'Amnesty va renforcer son action sur les acteurs économiques, il est intéressant d'avoir un directeur issu du monde des entreprises. Le cursus de Thierry est éloquent quant à sa capacité à gérer notre association avec sa soixantaine de salariés et son budget qui dépasse les soixante millions de francs. Le B.E. a surtout été sensible à son souci de rencontrer et écouter chacun, salarié comme bénévole, et à sa conviction que seule l'adhésion à un projet commun permet sa bonne réalisation. Dans l'immédiat, notre nouveau directeur va rencontrer les membres du secrétariat, aller à la rencontre des groupes. Une formation amnestyenne (mandat, recherche et action, droit international, structures du mouvement) va lui être assurée. Il se rendra d'ici peu au Secrétariat international pour connaître ses hommes et ses femmes ainsi que ses procédures. Il s'est d'ores et déjà, avec l'équipe de direction, attelé à la mise en œuvre de l'organisation, l'aménagement de la réduction du temps de travail et sur le prochain budget de la section. Souhaitons-lui bonne chance dans l'exercice de ses fonctions, qui, comme Michel Forst l'avait expérimenté, sont loin d'être faciles.

 

II-LA CAMPAGNE ÉTATS-UNIS.

 

Elle vient de se terminer. Il est encore trop tôt pour en tirer un premier bilan. On peut cependant constater qu'aux USA, la peine de mort l'a prise de vitesse : on aura atteint à la fin de 1999 les 600 exécutions depuis leur reprise en 1977.Le rythme des exécutions s'est accéléré, le record annuel est battu depuis octobre : on a atteint la centaine d'exécutions à la fin de l'année. Au Texas, cent condamnés ont été exécutés depuis que M. Bush Jr. est gouverneur, ce qui augure mal de l'avenir s'il devient président. Cette augmentation s'explique notamment par la réduction des possibilités de recours.
Cette année commence bien mal, avec l'attente de l'exécution vers la mi-janvier de trois condamnés mineurs au moment des faits. Pourtant, il ne convient pas de désespérer. Deux procureurs visés par nos lettres ont renoncé à requérir la peine de mort contre des mineurs au moment des faits. Des shérifs nous répondent. Des commandes de ceintures électriques télécommandées ont été annulées. Les violences sexuelles dont les détenus sont victimes ont été criminalisées dans plusieurs états fédérés. L'ambassade américaine a confirmé qu'à la quatrième caisse de pétitions, Washington avait été informé de la campagne menée en France. Nul doute que la publicité qu'a assuré le BVP à notre spot n'est pas passée inaperçue des diplomates, qui ont par ailleurs été informés des débats qui ont rassemblé de nombreuses personnes, en particulier à Grenoble. Le travail sur les Etats-Unis continuera évidemment dans les années qui viennent, et nous pouvons espérer concrétiser les points marqués au cours de la campagne qui vient de s'achever.

 

III-AI ET L'OMC.

 

Le 27 novembre 1999 avaient lieu des manifestations organisées par de nombreuses associations à l'occasion de la réunion ministérielle de l'Organisation Mondiale de Commerce à Seattle. Compte tenu de ce que AI à pour objectif de développer son travail en direction des institutions internationales à caractère économique, plusieurs groupes ont contacté le BE pour savoir s'il était possible de participer à cette manifestation. La réponse du BE a été négative, ce qui n'a pas été sans étonner plus d'un. Dans sa réponse, le BE rappelle qu'AI considère que les acteurs économiques ne doivent pas oublier les responsabilités qu'ils peuvent avoir dans la protection des droits humains. Par acteurs économiques, il faut entendre en particulier les entreprises commerciales, les institutions financières internationales et l'OMC.
Au Conseil international de Troia, une résolution demandant au Secrétariat international de développer une stratégie coordonnée visant à s'assurer que de tels accords incorporeront des dispositions sur la protection des droits humains a été adoptée. Le Conseil international a également prévu qu'une action soit lancée à l'occasion de la réunion de l'OMC. C'est dans cette optique que le président de la section française a signé des courriers adressés le 17 novembre, en particulier, au commissaire européen Pascal Lamy, et au ministre des finances et de l'industrie, Christian Sautter.
Le 30 novembre, AI a souligné que les négociations de Seattle ne prenaient pas suffisamment en compte les nécessaires garanties en matière de droits humains. Pourquoi alors avoir refusé de participer aux manifestations du 27 novembre ? C'est que la plate-forme de ces manifestations posait plusieurs problèmes. D'abord, elle présente une vision politique à laquelle, pour des raisons d'impartialité, AI ne peut s'associer. Nous ne sommes pas un mouvement politique ayant une vision globale du monde, comme celle qui ressort du texte, par exemple " : La tenue du cycle du millénaire de l'OMC engage une phase plus agressive de la mondialisation financière...". De plus, elle évoque de nombreux problèmes dont la plupart sont hors de la compétence d'AI : Libéralisation des échanges, déréglementation, concurrence, services publics, monopoles, bœufs aux hormones, OGM, etc. Il faut ajouter qu'elle contient des erreurs manifestes. S'associer à un texte peu rigoureux n'aurait pas grandi la crédibilité d'AI. Certes, la plate-forme souligne avec justesse la nécessaire "subordination de l'OMC aux chartes internationales comme la DUDH", mais une bonne partie de ce qu'elle propose ne découle pas de façon évidente des grands instruments internationaux en matière des droits de l'homme. On ne peut déduire de ces instruments, par exemple, que l'énergie et les communications doivent relever du secteur public. C'est une affaire d'opinion et non de droit. Certains ont proposé de participer aux manifestations en mettant en valeur nos spécificités. En fait, vu le grand nombre des organisations qui soutenaient l'appel, il aurait été impossible à AI de ne pas être noyée dans la masse et d'apparaître comme une organisation "anti-OMC","anti-libérale". Or, si Amnesty a des revendications envers l'OMC, elle n'a pas de position globale à son égard, ni d'ailleurs sur le libéralisme. Par ailleurs, chacun sait que la conférence de Seattle a débouché sur un échec. Même si elle avait été une "réussite", elle n'aurait que le début d'un processus qui aurait dû s'étaler sur de nombreuses années. C'est donc une question qui s'inscrit dans la longue durée, et qu'Amnesty s'emploiera à suivre avec la plus grande attention.

 

 

IV-L'A.G. DE SECTEUR DU 9 JANVIER.

 

Elle s'est tenue à Annecy en présence d'une quarantaine de personnes. Henriette, Elisabeth et André représentaient le groupe. Le rapport d'activité présenté par Joël a fait apparaître les principaux points de l'évolution du secteur :

- Le groupe de Villefontaine rejoint le secteur Rhône-Loire,

- L'antenne de Saint Jean de Maurienne disparait, celle de Thonon ne donne plus de nouvelles,

- L'antenne Campus est rattachée au groupe 25.

- Le groupe de Ferney-Voltaire, parvenu à une masse sous-critique, se pose le problème de sa survie.

- Quant aux sympathisants de Tullins, il serait bon de préciser leur statut exact

- Le secteur a participé à tous les Conseils nationaux, ainsi qu'aux Forums des Droits de l'homme, du mandat, et sur l'extrémisme.

- Les réunions régionales ont été la dernière AG avec Michel Forst, la réunion transalpine de septembre sur les enfants-soldats (la prochaine devrait avoir lieu à Ivrea) et, en septembre également, la rencontre de Chambéry avec Francis Perrin.

- En ce qui concerne la communication, Fernand a beaucoup travaillé sur les nouvelles technologies de l'information et de la communication (internet) . Un demi-poste de permanent doit d'ailleurs être créé au S.N. pour gérer le site Internet et coordonner les Régions. Par contre, la diffusion d'Alpes-Info se fait mal (le prochain numéro doit sortir en avril).

- Pour l'EDH, on rappelle qu'il existe des mallettes de matériel prêt à l'emploi.

- Les permanences pour les réfugiés ont eu beaucoup de travail. Elles sont assurées par 8 bénévoles, qui ont tenu 95 permanences, recevant de 10 à 15 personnes à chacune d'entr'elles : 24% venaient de l'ex-yougoslavie, 23% de l'ex-URSS, 15% de l'ex-Zaire, 13% étaient des Kurdes de Turquie, 11% des Algériens. Les autres venaient d'Albanie, d'Angola, de Bulgarie, de Guinée, d'Iran, du Nigeria... Dix personnes ont obtenu le statut de réfugié, dont 8 par la Commission des recours, et 5 ont été régularisées. Tous ces réfugiés connaissent de gros problèmes matériels. Le CCAS accorde 400F à chacun d'entre eux pour faire face aux dépenses occasionnées par la constitution de leur dossier, l'OGTE avance l'argent. La ville de Grenoble a fait de gros efforts pour le logement, mais actuellement, on arrive à saturation. De son côté, le Conseil Général accorde des possibilités de logement et une allocation journalière que la DDAS complète pour les enfants. Jérôme visite les zones d'attente, la principale à l'heure actuelle étant celle de Roissy. Ce rapport, ainsi que le rapport financier, qui fait apparaître une situation saine, ont été adoptés à l'unanimité. - L'élection du bureau de secteur a donné les résultats suivants : Joël Nicolas : Conseiller national, Any Chaboud, Monique Mossuz et Jérôme Fouquet : Conseillers Adjoints, Florence Duvergier : Trésorière. Les objectifs pour l'année à venir consistent d'abord en la préparation du Congrès (une réunion préparatoire aura lieu le 26 février à Belley ou Chambéry). Des réunions de formation auront pour thème Droits de l'Homme, les Réfugiés et les institutions financières internationales.

L'après-midi, Aline Godechot, Conseillère nationale et membre du groupe de travail du Plan a fait un exposé fort intéressant sur ce sujet a priori plutôt aride (voir le prochain numéro d'Alpes-Info). D'ores et déjà, il est bon de savoir que les moyens financiers pour sa réalisation existent.

 

V-LE POINT DES ACTIONS.

 

1-Tchétchénie.

Les civils continuent à vivre un cauchemar. Que faire ? Auprès de qui faut-il intervenir ? Ces questions, nous nous les posons tous. Il est vraiment difficile d'y répondre. Le Secrétariat international a lancé une action urgente. Une nouvelle action auprès des autorités russes est proposée.

 

2-Irak.

La population souffre à la fois des conséquences humanitaires de l'embargo décidé par l'ONU et des violations des droits humains dont sont responsables les autorités irakiennes. Une pétition adressée à Mr Tarek Aziz, Vice-premier ministre irakien, demande l'application des libertés publiques et des droits humains dans le pays. Une autre pétition adressée au Conseil de sécurité de l'ONU demande que toutes les mesures soient prises pour protéger les droits de la population civile.

 

3-Afghanistan.

Le 7 décembre 1999 a marqué le vingtième anniversaire de l'invasion des troupes russes, point de départ d'une crise non encore résolue aujourd'hui. A cette occasion, Amnesty a souhaité une fois encore mettre l'accent sur les violations des droits de la population civile afghane en publiant six rapports et en lançant une action auprès des responsables des groupes armés afghans talibans et anti-talibans et des responsables des pays susceptibles d'avoir une influence sur ces combattants. Cette action a lieu de décembre 99 à fin mars 2000.

 

4-10ème anniversaire de la CIDE.

Cette action se poursuit jusqu'à la fin de janvier. Cependant, suite aux réponses des différentes ambassades, le SI préconise l'arrêt de tout envoi de cartes postales aux ambassades d'Europe centrale.

 

5-Armes légères

Les envois de cartes et le travail de lobbying continuent

 

6-Arabie Saoudite.

Détentions arbitraires, procès sommaires, torture, mauvais traitements, châtiments cruels, inhumains ou dégradants (amputations, flagellations...), nombreuses condamnations à mort, discrimination à l'encontre des femmes, des travailleur migrants, des minorités religieuses. les droits humains sont constamment violés en Arabie Saoudite. Ces violations sont entretenues par l'opacité du système judiciaire. De façon générale, le secret qui caractérise l'Arabie saoudite est un problème majeur. Le silence de la communauté internationale ne fait qu'aggraver la situation. Une action sur ce pays sera lancée fin mars. Notre groupe y participera.

 

VI-GROUPE 248

Activité des sous groupes:

- RAN

Une action est lancée concernant des étudiants de l'UNAM de Mexico en grève malmenés par les forces de l'ordre. Le mouvement dure depuis mai 1999.

 

- Communication.

Fernand suggère d'envoyer en début d'année des cartes de vœux personnalisées aux médias et aux associations. Ce serait par ailleurs une bonne chose que de revoir la présentation de la Lettre d'AI.

Il serait également souhaitable que les relations avec les médias, en particulier le Dauphiné libéré, passent toujours par le même interlocuteur, Fernand, afin d'éviter d'éventuels faux-pas.

 

- Enfants.

L'action sur l'Afghanistan en préparation sera pour une part importante consacrée aux enfants.

 

- Femmes.

Une action est entreprise pour des militantes des droits de l'homme chiliennes menacées de mort par un groupe d'extrême droite.

 

- Lutte contre l'esclavage moderne.

Des manifestations sont prévues dans les prochains jours. Jeanine Chartier a accepté pour le groupe d'assurer la liaison avec les autres organisations participant à cette action.
(Voir page calendrier).

31janvier-18h.30:Maison du tourisme. Inauguration de L'expo photo sur ce thème.

1 février-15h. :CRDP. Conférence

8 février-20h30:Tonneau de Diogène. Débat : Esclavage et mondialisation.

9 février-20h30:idem au Domaine universitaire.

11 février-19h30:Clôture des manifestations à Villeneuve.


 

Prochaine réunion le 3 Février 2000

 

 

Commission Paritaire n°68701 - Directeur de la Publication : Jerzy Boroch
Imprimé par nos soins - Dépôt légal : décembre1999